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Le jeu inclusif “Tonnerre de Tuiles”, créé par des collégiens,
bientôt édité ?

« TONNERRE DE TUILES » EST UN JEU CRÉÉ PAR 17 ÉLÈVES DE 4ÈME DU COLLÈGE SAINT-JEAN-LASALLE DE GUIDEL DANS LE MORBIHAN. CE JEU INCLUSIF EST ADAPTÉ AUX TROUBLES DYSLEXIQUES ET HANDICAPS MOTEURS. CES COLLÉGIENS ONT APPELÉ LEUR MINI-ENTREPRISE CAP’GAMES, EN RÉFÉRENCE AU MOT HANDICAP. ILS ONT CRÉÉ CE JEU DANS LE CADRE DU SALON RÉGIONAL DES MINI-ENTREPRISES DE BRETAGNE QUI AVAIT LIEU JEUDI 11 MAI. UNE MAISON D’ÉDITION SE DIT INTÉRESSÉE par le jeu.

Les mini-entrepreneurs du collège morbihannais ont été encadrés par Stéphanie Le Meur, enseignante de français et par l’association Entreprendre pour Apprendre, fédération de 15 associations, qui veut créer du lien entre l’école et le monde de l’entreprenariat. Pour créer ce jeu, les élèves ont eu une année. 1 heure de cours par semaine et 7 mercredis de bénévolat ont permis de donner naissance à “Tonnerre de Tuiles”, leur jeu inclusif.

Et si un jeu de société adapté aux personnes en situation de handicap arrivait, ce serait sympa non ? C’est le défi que Cap’games, une mini-entreprise créée par 17 collégiens, a voulu relever. En 4ème au collège Saint-Jean-LaSalle de Guidel, ces adolescents ont intégré l’option “mini-entreprise” proposée par Stéphanie Le Meur, enseignante de français. L’objectif : permettre aux élèves de trouver un projet et un service à vendre pour le  présenter au salon des mini-entreprises. Pour cela, les élèves disposaient de l’année entière.

Un jeu créé en 4 mois

C’est donc par 1 heure de cours par semaine et 7 mercredis de bénévolat que ce projet a vu le jour. De septembre à décembre, les élèves ont réfléchi ensemble sur une idée de projet. C’est après 4 mois de réflexion qu’ils se sont rendus compte que plusieurs élèves de leur classe étaient en situation de handicap (fauteuil roulant, dyslexique, dyspraxique, etc). Ainsi, ils ont nommé leur mini-entreprise Cap’games pour “handiCAP, CAPable et tenir le CAP”. De janvier à avril, la classe a essayé “de trouver un jeu qui puisse correspondre à tous les styles d’handicaps (dyslexique, dyspraxique…)”, comme nous l’explique Stéphanie Le Meur, leur enseignante. C’est en réfléchissant sur leurs enseignements de 6ème et 5ème que l’idée est venue : un jeu sur l’Olympe. La classe s’est donc répartie en plusieurs pôles : production, communication, marketing et vente dans le but de mettre en place “Tonnerre de Tuiles”. Le but du jeu est simple : gravir le mont Olympe le plus rapidement possible. Pour gagner, vous serez un demi-dieu aidé de 5 dieux représentant les différents handicaps de manière imagée. Vous retrouverez Athéna (représentant les troubles DYS), Héphaïstos (handicap moteur), Hadès (aveugle), Hermès (surdité) et Apollon (TSA – Troubles du spectre de l’autisme).

Photos mini1

Présentation du jeu pendant le salon                        

Une maison d’édition intéressée pour éditer le jeu

C’est en chiffrant le coût d’un jeu que les élèves se sont rendus compte qu’ils manquaient d’argent. Pour pallier ce problème, ils ont décidé de réaliser un dossier de partenariat présentant le projet et leur but. Ils ont ensuite passé une soixantaine de coups de fil en essayant de cibler des maisons d’édition et des partenaires locaux. Pour eux, un système “donnant-donnant” était primordial, ils proposent donc aux partenaires de recevoir le jeu, de réaliser des démonstrations dans les sociétés ou de mettre le nom du partenaire dans les règles du jeu en fonction de l’argent donné. N’ayant récolté que les 2/3 de la somme, la classe a décidé de créer un financement participatif sur Ulule, à hauteur de 2 500€, permettant d’imprimer 100 boîtes. Au final, c’est plus de 4 500€ qui ont été récoltés par les élèves. Au-delà de ce financement, une maison d’édition a répondu favorablement à leur demande et décide de les aider dans leur projet. Les élèves leur ont donc envoyé le jeu pour qu’il soit testé par cette dernière. En réponse, les testeurs ont émis plusieurs avis favorables, malgré quelques changements à appliquer au niveau des règles. C’est donc par un total de 15 000€ que le jeu a pu être créé, fonds qui servira à créer le jeu et le mettre dans des points de collectes. Par la suite, l’argent sera reversé à l’association “La de-marche de Loane”, créée pour aider Loane, jeune adolescente inscrite au collège de Guidel souffrant d’une infirmité motrice cérébrale. L’argent sera aussi reversé au collège pour accentuer l’inclusion des élèves en situation de handicap.

« Nous souhaiterions être dans tous les collèges qui le souhaitent. »

Gaël Le Bohec, président d’Entreprendre pour Apprendre Bretagne

Entreprendre pour apprendre, objectif 500 mini-entreprises d’ici 2026

Cap’Games a donc participé au salon des mini-entreprises organisé le 11 mai dernier par l’association Entreprendre pour Apprendre. Les jeunes ont remporté la battle de pitch en catégorie collège, ainsi que 2 labels d’or pour communication et impact sociétal. “Je suis plus qu’heureuse, je suis très fière car ils ont fait un boulot de fou sur un temps extrêmement court. Le but était de commercialiser leur projet mais, eux, ont réussi à dépasser le cadre de cet espace scolaire” nous indique Stéphanie. Cette mini-entreprise a marqué d’autres esprits comme Gael Le Bohec, président d’Entreprendre pour Apprendre Bretagne, qui nous indique avoir un “coup de coeur” pour ce projet. Entreprendre pour Apprendre est un fédération de 15 associations permettant aux collégiens/lycéens de créer leurs mini-entreprises. Le but de cette fédération est donc de permettre aux jeunes une rencontre avec le monde de l’entreprenariat. “Actuellement 1 mini-entreprise se crée tous les 3 jours. On aimerait faire passer ce chiffre à 1 mini-entreprise par jour. Notre objectif est d’avoir 500 mini-entreprises vers l’horizon 2026-2027”, précise Gaël. Aujourd’hui, Cap’Games attend une réponse définitive de la maison d’édition courant juin.

Bastien Baehr