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Saint-Brieuc et Saint-Malo font cause commune pour l’hydrogène vert

Au centre, Gilles Lurton (président de Saint-Malo Agglomération) et Ronan Kerdraon (président de Saint-Brieuc Armor Agglomération) avec les partenaires d'Armor Hydrogène, au Forum Economique Breton à Saint-Malo le 6 septembre.


  • Saint-Malo Agglomération rejoint Saint Brieuc Armor Agglomération au sein d’Armor Hydrogène
  • Objectif : produire et utiliser de l’hydrogène vert en Bretagne Nord
  • Le consortium porte un projet de 35,7 millions d’euros et attend le feu vert de  l’Ademe
 
 

Annoncée dans le cadre du Forum Économique Breton le 6 septembre à Saint-Malo, l’extension territoriale du projet Armor Hydrogène confirme l’engouement des collectivités pour ce vecteur d’énergie décarbonée, aux multiples usages, dans le domaine des transports et la gestion des déchets, notamment.

Hydrogène vert

L’hydrogène n’est pas un gaz hilarant, mais les élus de Saint-Malo et de Saint-Brieuc avaient le sourire en présentant la coopération de leurs territoires au sein du consortium Armor Hydrogène. Gilles Lurton, maire de Saint-Malo et président de Saint-Malo Agglomération, avait en effet choisi le cadre symbolique du Forum Économique Breton qui se tient dans la cité corsaire les 6 et 7 septembre, pour annoncer que sa collectivité rejoignait sa voisine costarmoricaine pour promouvoir un projet de production d’hydrogène vert, c’est-à-dire produit à partir d’énergie décarbonée (photovoltaïque et éolien).

Schéma synthétique du fonctionnement d'Armor Hydrogène, de la production à la consommation d'hydrogène décarboné.

Ecosystème complet

« Nous voulons créer une filière hydrogène commune à nos deux agglomérations de Bretagne Nord pour remporter l’appel à projet national de l’Ademe », souligne l’élu malouin. Avec son collège briochin Ronan Kerdraon, président de Saint-Brieuc Armor Agglomération, il entend ainsi apporter une réponse concrète aux enjeux de décarbonation énergétique, notamment dans le domaine des mobilités.

Le projet Armor Hydrogène, dont le montant est estimé à 37,5 millions d’euros, doit en effet permettre de créer un écosystème complet, de la production d’hydrogène vert jusqu’à son utilisation dans des domaines variés : transports en commun, bennes à ordures ménagères, barges mytilicoles, logistique… 

Bus et bennes à ordures à hydrogène

Les deux collectivités ont fait leurs comptes : Saint Malo Agglo veut investir 4,2 millions d’euros dans une nouvelle station de distribution proposant un mix multiénergie GNV/hydrogène, dont 2,5 millions pour la part hydrogène. Elle prévoit d’acquérir 6 bus et 10 bennes à ordures ménagères roulant à l’hydrogène à l’horizon 2030, moyennant 6,15 millions d’euros.

« Avec Armor Hydrogène, nous avons créé une sorte de consortium qui réunit déjà 200 entreprises, c’est un projet fédérateur à l’échelle du territoire ».

Ronan Kerdraon, président de Saint-Brieuc Armor Agglomération

« Du côté de Saint-Brieuc Armor Agglomération, ce projet remonte à 2020, en lien avec la CCI 22 et le Syndicat départemental d’énergie (SDE 22). Nous avons créé avec Armor Hydrogène une sorte de consortium qui réunit déjà 200 entreprises, c’est un projet fédérateur à l’échelle du territoire », précise Ronan Kerdraon, qui rappelle que sa collectivité prévoit de faire l’acquisition de 14 bus et deux bennes à ordures ménagères roulant à l’hydrogène. A la clé, 33.500 tonnes d’équivalent CO2 économisées sur 15 ans, dont 770 tonnes/an à Saint-Brieuc et 710 tonnes/an à Saint-Malo.

 

Financement participatif

Afin de sensibiliser largement la population aux questions de transitions énergétiques, les pilotes d’Armor Hydrogène envisagent de recourir prochainement à un financement participatif, pour un montant non précisé à ce stade. La Région Bretagne, quant à elle, soutient le projet à hauteur de 1 million d’euros.

Alors que traditionnellement, l’approche territoriale des questions énergétiques a été pilotée à l’échelle départementale, au travers des SDE (syndicats départementaux d’énergie), l’initiative d’Armor Hydrogène, elle, enjambe la frontière des Côtes d’Armor et de l’Ille-et-Vilaine pour adresser un marché plus vaste. L’Ademe sera-t-elle sensible à ces arguments ? La communication des élus en cette période de rentrée est évidemment stratégique, alors que le résultat de l’appel à projets est attendu « pour la fin de l’année ».

Xavier DEBONTRIDE